Création estivale

La grande table est en place. Le grand plastique protecteur déroulé.

Les grandes et « bonnes feuilles » sont prêtes.

Les pinceaux les encres, les aquarelles, tous les pinceaux, les petits, les gros, les pointus, les naturels les « inventés », les trois grands pots d’eau claire attendent.

Pas de parasol mais la branche indispensable, protectrice, qui prend le vent au-dessus de la tête !

Debout, les pieds nus solidement implantés sur la terre, le sable ou le gazon d’une prairie, les épaules découvertes, les bras et les mains libres… c’est l’été… c’est le déploiement possible du geste, de la couleur, du trait ou de l’aplat audacieux !

La lumière gicle fort, l’ombre portée sur la feuille est parfois inspirante « Ombres et lumière ».

Les yeux clos, je contacte au plus profond la source, le jaillissement, l’éclat, l’éclair…

Les yeux s’ouvrent, la palette se compose, les pinceaux plongés dans l’eau s’envolent et la main virevolte… couleurs, papier… papier, couleurs… couleurs, papier… en un rythme sobre, régulier, mélodique… « le paysage »  se dévoile, unique, en perpétuel devenir…

Je respire, « ça » re-spire …  Le rythme régulier de la respiration ponctue le geste sûr !

Le corps à l’unisson de ce qui advient, picote sous le soleil, frémit sous la caresse du vent…