PIETRA VIVA par Léonor de Recondo

L’œuvre raconte quelques mois de la vie de Michel-Ange.

Au moment d’une dissection, lui, le sculpteur est comme pétrifié quand il reconnaît le cadavre d’un moine dont la beauté le fascinait.

Il quitte Rome pour les carrières de Carrare. Au cours de son séjour la rencontre avec des êtres sensibles, un enfant orphelin, un « idiot » amoureux d’une jument sauront le toucher, lui le farouche, souvent cruel… Il est venu choisir des blocs de marbre en vue de sculpter le tombeau du pape Jules II.

La pierre dure devient sous son regard « pietra viva », pierre vivante, il devient, lui-même « pietra viva », la colère s’estompe, la joie apparaît, la vie triomphe. Le marbre, l’écriture, l’intensité de l’artiste ou comment faire émerger la VIE !

Ecriture délicate qui sait saisir la force obscure de l’âme humaine… Que l’art puisse transformer la colère me touche.

ELLE, PAR BONHEUR ET TOUJOURS NUE par Guy Goffette

Goffette

A l’occasion de la rétrospective de l’oeuvre de Pierre Bonnard au musée d’Orsay , lecture de sa biographie « Elle, par bonheur et toujours nue ». Le peintre est, (lui aussi !) mis à nu, avec tant de discrétion et de délicatesse ! Grand plaisir de lecture !

Guy Goffette commence par le récit d’un coup de foudre, celui d’un promeneur qui tombe en arrêt sous le charme d’un corps nu, vu de ¾ dos, face à une fenêtre ! Il s’agit de Marthe, la femme que Pierre Bonnard a peinte toute sa vie.

Puis, nous quittons la confession de ce promeneur pour suivre Bonnard au plus près de sa vie et de son œuvre qui sont liées intimement.

Dans une écriture poétique, presque susurrée, nous entrons avec une grande délicatesse dans la vie du peintre, et découvrons ses habitudes, ses objets d’observation, ses carnets, ses lieux de vie, ses amis et nous faisons connaissance avec Marthe, euh ! avec Marie… le fil se dévide, léger et tendu à la fois !

On est à la fois, ému et intrigué par la vie de ce peintre, solitaire, au fond, cherchant dans la pénombre de son atelier à saisir la lumière de manière quasi « obsessionnelle ». La lumière sur la peau… de Marthe …qui ne vieillit pas. Abolir le temps qui passe en peignant !

                 Bonnard ok

Petit clin d’oeil au maître ! Etude, de son aquarelle à mon huile