« La Folle journée » à Paris !

 

Pierre Bonnard au Grand Palais :

« La couleur plus que le dessin doit être raisonné ».  Voilà l’une des leçons du peintre. C’est le fil conducteur de cette rétrospective  magnifique. Cependant, le mystère Bonnard y prend aussi toute sa force.

La série d’autoportraits présente sa part d’ombre. Ainsi « le Boxeur » est à la fois une auto-dérision mais aussi la métaphore d’un combat intérieur.

Le peintre de l’intimité, des scènes familiales heureuses, des paysages ensoleillés trouvait refuge et apaisement dans l’orchestration de la gamme infinie des couleurs. Apaisement pour nous aussi « les regardeurs » !

« Les clefs d’une passion » Fondation Louis Vuitton :

Découverte de deux peintres qui m’étaient inconnus et qui m’ont touchée. Deux peintres singuliers, Hélène SCHJERBECK et Akseli GALLEN-KALLELA, tous deux Finlandais du début du XXème siècle.

Quatre auto-portraits d’Hélène Schjerbeck, d’une incroyable présence et de maîtrise de trait m’interpellent. Ces portraits retracent les effets du temps qui passe.

L’expression hiératique est présente dans chaque tableau, mais le rictus de la bouche et le regard qui se creuse disent la solitude et le regard sans concession de l’artiste. J’aime le contraste des teintes douces et l’âpreté des contours.  

La lumière magnétique  des quatre tableaux de A. Gallen-Kallela capte l’attention du « regardeur ».

Le grand lac de Keitele  est décliné dans cette exposition en 4 tableaux quasiment identiques : 2/3 de lac et 1/3 de collines et de ciel et une île qui émerge en haut à droite de la toile.

Le lac offre une alternance de gris mat et de bleu/gris traversés verticalement de blancs à peine colorés. La pureté d’un paysage de début du monde est saisie et nous saisit.

Nous sommes émus et empreints de nostalgie, la même que celle que l’on éprouve en lisant Châteaubriand  évoquant sa découverte du Nouveau Monde.