Lecture et exposition

Les Heures silencieuses de Gaëlle Josse

et

L’exposition au Château des Ducs à Nantes : « Flamands et Hollandais ».

La lecture de ce récit tombe à point nommé dans l’actualité nantaise. Au château, a lieu une somptueuse exposition intitulée FLAMANDS et HOLLANDAIS.

affiche flamands

Il s’agit de 65 toiles appartenant au fond du musée des Beaux-Arts (en travaux jusqu’à la fin 2016). Les peintres appartiennent majoritairement au siècle d’or.

On assiste à la naissance de la notion de genre en peinture : portrait, paysage, nature morte…Ce qui fascine, c’est la présence de la lumière, celle qui émane des tableaux.

flamands

Les salles sont volontairement assombries, nous sommes ainsi attirés par chacun des tableaux, « aspirés » par la précision du détail, chaque pétale est unique et ne se distingue pourtant pas de l’ensemble, chaque œil nous interroge…

Les natures mortes prennent ici le sens du mot anglais « still alive » et deviennent plus vivantes que les majestueux paysages.

natures mortes

La dernière salle est un hymne à la couleur (deux tableaux sur cuivre de Brueghel nous y avait préparés).

brueghel

Les deux grandes toiles majestueuses de David de Koninck ne sont pas, cependant, dépourvues…d’humour… Il faudra donc y retourner !

koeninck

Ces tableaux sont aussi le symbole d’une période riche en événements politico-religieux (la Réforme, la puissance du catholicisme), riche de la forte activité commerciale.

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Les Heures Silencieuses de Gaëlle Josse peut se faire l’écho de cette exposition.

Dans sa forme, il s’agit du journal intime d’une femme vivant aux alentours de 1667, à Delft.

Pépite littéraire (qui fait penser à La Demande de Desbordes).

livres

Le personnage de dos d’un tableau de Emmanuel de White est à l’origine du projet littéraire et donne naissance à une promenade intime, le lecteur déambule vers le cœur du cœur de cette femme.

La construction du tableau est à la fois classique et originale, la profondeur de champ naît d’une succession de plans, le regard au premier plan s’arrête dans la chambre (lieu intime s’il en est !) du personnage, assis de dos et se perd vers le point focal hors de la maison, vers un ailleurs.

L’originalité du tableau se trouve, en partie, dans la multiplicité des carrés qui émaillent la rigoureuse composition, carrés des embrassures de portes, carrés de la chaise, carrés sur le sol reflétant la lumière du jour, carré du miroir…

Reflétant le haut de la tête du personnage mais pas le visage ! C’est ce personnage anonyme, qui a retenu l’attention de l’auteur. Elle s’est autorisée à lui imaginer une vie.

Vie de jeune fille ardente, formée aux affaires de son père, grand négociant, vie d’épouse et de compagne, vie de mère avec l’évocation délicate de la douleur des enfants morts et de l’amour lucide pour les enfants vivants, vie sociale, vie de musicienne et vie amoureuse, vécue au plus secret de son cœur.

Le personnage énigmatique du tableau en demi-teintes et presque monochrome à l’image de ces vies domestiques prend dans ce récit l’image d’une femme sage au sens étymologique, celle qui sait parce qu’elle a vécu sans se dérober, sans se perdre.

On l’aime, cette Magdalena Van Beyeren …

2 réflexions sur “Lecture et exposition

  1. MarieFrance D. dit :

    Je viens de quitter « Les heures silencieuses » en sortant du tableau à pas feutrés. Livre magique et lumineux. Chaque chapitre est une pépite, chaque page, un enchantement. Merci Monique pour le partage.

  2. MarieFrance D. dit :

    « Flamands et Hollandais » et les « Heures silencieuses » … deux très belles découvertes grâce à toi. Merci à nouveau pour le partage.

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