Création estivale

La grande table est en place. Le grand plastique protecteur déroulé.

Les grandes et « bonnes feuilles » sont prêtes.

Les pinceaux les encres, les aquarelles, tous les pinceaux, les petits, les gros, les pointus, les naturels les « inventés », les trois grands pots d’eau claire attendent.

Pas de parasol mais la branche indispensable, protectrice, qui prend le vent au-dessus de la tête !

Debout, les pieds nus solidement implantés sur la terre, le sable ou le gazon d’une prairie, les épaules découvertes, les bras et les mains libres… c’est l’été… c’est le déploiement possible du geste, de la couleur, du trait ou de l’aplat audacieux !

La lumière gicle fort, l’ombre portée sur la feuille est parfois inspirante « Ombres et lumière ».

Les yeux clos, je contacte au plus profond la source, le jaillissement, l’éclat, l’éclair…

Les yeux s’ouvrent, la palette se compose, les pinceaux plongés dans l’eau s’envolent et la main virevolte… couleurs, papier… papier, couleurs… couleurs, papier… en un rythme sobre, régulier, mélodique… « le paysage »  se dévoile, unique, en perpétuel devenir…

Je respire, « ça » re-spire …  Le rythme régulier de la respiration ponctue le geste sûr !

Le corps à l’unisson de ce qui advient, picote sous le soleil, frémit sous la caresse du vent…

 

Peinture et méditation

Ouverture à recevoir. Rester avec soi-même.

Se relier pour incarner.

Etre en accord avec ce que je sens. Etre en harmonie avec ce que je ressens.

La tête et les sens fonctionnent ensemble dans l’acte de recevoir et de donner, de recevoir et de peindre.

Temps de regard et d’observation : l’intelligence du regard consiste à regarder ce qui est à « transmuter » en conscience et en lumière. Dehors ou dedans.

« Rester fidèle à tout germe dépensé et sentir ce qui apparaît » Etty Hillesum.

Veiller et regarder, fidèle à soi-même… L’inspiration, semble-t-il, c’est se remettre à…

Je suis habitée par les arbres, en particulier par le grand tulipier de Virginie du parc de Procé, il me hante dans mes méditations, dans mes rêves nocturnes, je l’habite, il m’habite.

Je vois sa ramure auréolée de lumière, pendentifs de cristal, diamants, fils de lumière d’or, tout est frémissant, l’air est traversé de rayons de lumière colorée.

L’enfant en moi est au « paradis terrestre », je flotte au milieu des nuages gris-bleus à gauche, la pluie châtoie dans la lumière et à droite, les champs humides irradient sous ses rayons. Je me laisse guider.

Peindre en restant dans la vibration, garder la Vibration et non rentrer dans l’illustration… Accueillir cette félicité comme un état naturel.

Degrés d’incandescence de vie, conscience d’une germination permanente et renouvelée…

Je constate une constante dans la composition : un espace vide au centre ! Une aspiration à y entrer…

« Du vide naît le plein ».

L’esthétique me quitte pour laisser chanter à travers moi.

Eternité dans l’instant, l’infini dans le présent. Haute magie du vivant.

Dans l’œuvre, le flux de la vie continue, tout peut bouger… Je m’accueille dans mon ressenti, chaque fois c’est différent, plus subtil.

Et parfois, une secousse cosmique fait naître un geste sûr, fort, délié, une spirale-fougère-escargot-mandala… une expansion physique, cellulaire et des frissons neufs affleurent sur ma peau mature.

Au cœur de l’atelier…

expo IndeUn été consacré à la préparation de ma future exposition, en octobre, dédiée à l’Inde…

Les bonnes feuilles sont plus denses, plus épaisses, comme le lit d’une rivière ou d’un fleuve. S’y déposent les alluvions drainées au fil des pinceaux et des brosses drus, ras ou effilés. Lire la suite

Ombres et Lumières dans le pays de Pont-Aven

Pont 3

Terre de contrastes.

Les champs ouverts en pente douce accueillent la lumière du soir. C’est étonnant, dans ce pays-là, chaque soirée est traversée par une lumière qui s’impose et déchire le voile des nuages. Tout se teinte alors d’espoir… les coeurs sont revigorés… tout semble possible !

Beauté apaisée.

L’aquarelle semble la seule possibilité pour capter la fluidité de l’air, la fugacité de l’instant.

En remontant l’Aven, dès le Bois d’Amour, l’ambiance est tout autre. L’ombre domine, les grands arbres assombrissent le paysage. Le mystère domine dans cette vallée encaissée où les rochers affleurent. Une forme d’inquiétude, fait hâter le pas. Nous comprenons l’origine de l’écriture de « La légende de la mort » d’Anatole le Braz.

L’encre vient à point nommé pour tenter de saisir un sentiment de menace sourde.

(détails des tableaux dans l’onglet Mon univers, Pont-Aven)

Aquarelles, Ecosse

Après la lecture de la trilogie de Peter May L’homme de Lewis, je n’ai eu qu’une envie, découvrir les ciels dans ces îles lointaines des Hébrides extérieures, Lewis et surtout Harris ! Ici, il n’est question que de lumière.

Chaque virage de la Golden Road offre des paysages à couper le souffle ! Les ciels alternent les bleus d’une profondeur abyssale, les chevauchées de nuages énormes, traversés de rayons bibliques… La mer décline les gris sombres, les turquoises les plus somptueux et les dégradés de verts les plus lumineux.

Humilité de l’aquarelliste devant les variations de lumière entre ciel et mer. Emotion pure devant tant de beauté !

Etude conceptuelle

aquarelles

Ici, je travaille vite, pas de repentir possible.

Dans cette série, je me suis donné des thèmes : « explosion », « verticalité », « fluidité », « dilution ».